Je ne sais comment expliquer la chose, je ne suis pas certaine de ce qui s’est passé ; mais comme par magie, il ne me reste que 18 km à marcher.Tous ces jours ont passés en un clin d’œil, malgré les souffrances, les moments éternels, les interminables, les « à-bout-de-souffle », les « plus capable », les « j’en veux encore » et puis les larmes.

J’arrive difficilement à croire que j’ai traversé les forêts de pins et les forêts d’eucalyptus, les vignes, les fermes et les oliviers.
J’ai pensé à tous ceux que j’aime.
J’ai pardonné à tous ceux qui m’ont blessés.
J’ai l’impression d’avoir eu trois vies.
Je ne sais pas où sont passés les 700 et quelques autres kilomètres.

Je suis un peu confuse.Où est Rebecca ?
Je me demande si les gens avec qui j’ai marché ont trouvés leurs réponses.
J’ai presque traversé l’Espagne.
Je ne savais pas à quoi ressemblait l’Espagne.







Je suis confuse.
Depuis mon succulent Sunday de la dernière connexion internet, j’ai vu un superbe château des Templiers.
Puis, je me rendais compte combien je ne connaissais rien à l’histoire.Puis un autre jour, j’ai marché 41 km. « J’avais la pêche », comme dirait mon ami François.

J’ai encore monté une montagne, et j’ai traversé la vallée des nuages.

J'ai sacré contre l'ostie de Jean-Mi, qui a fait des mots d'amour à sa Brigitte sur tout les monuements!
Je me suis rendue compte que j’avais perdu des kilos et que mon sac en pesait 15. Je me suis blessée au genou gauche, et c’est souffrant.
J’ai les bornes passer de 252.5 km à 66km, puis à 32 km, puis 18km…

Il y quelque chose d’irréel.


Vraiment, il y a différents types de retour.

J’ai rencontré beaucoup de vieux.
Je me dis que quand je serai vieille, je serai probablement le type de vieille à ralentir les jeunes pour les saouler avec mes histoires.


Hâte de voir ce que la vie me réserve.
Connaître la trajectoire de la comète.

J’ai hâte d’une vente de garage printanière à Montréal.
Puis, j’ai aussi hâte à une nouvelle aventure.
De magasiner un nouveau sac à dos !
Je rêve d’un petit laptop… Maintenant que j’ai traîné celui-ci durant 800km.
Et, puis, j’ai hâte au Portugal la semaine prochaine.
Je suis confuse.
Je cherche encore et toujours la sortie, en me demandant si ça me tente de la prendre ou de continuer.
Demain, je marcherai 18 km.
Puis on verra la suite.







Quelques kilomètres, quelques photos sur un pont, puis je vu de l’autre côté du pont, deux garçons vêtus pratiquement de la même manière, le drapeau du Québec sur le chapeau de l’un attira mon attention.
Après les 20 km, Samuel avec mal aux pieds, et je décidai de rester aussi, sachant que nous serions un quatuor de québécois pour le souper. Et, que même si habituellement, je fuis les québécois, je devais admettre que la conversation était bonne.


Comme s’ils voulaient m’en convaincre… je dis: 




Ce que je fus.






Les revoilà à Burgos en même temps que moi.



La situation de pèlerin est assez particulière…Je voyais depuis longtemps une différence entre touriste et voyageur, je vous assure, il y a aussi une grande différence avec pèlerin.



Il m’expliqua son travail, me montra les moules et les maquettes de ses sculptures, m’expliqua les monuments qu’on en avait fait et à quel endroit on pouvait les voir.