mardi 22 septembre 2009

Jour 1: La montée!

16 septembre 2009

C’est à 7hre du matin que je pris la route. J’étais prête depuis quelques minutes, mais j’attendais toujours la levée du jour pour prendre mon envol.

Après avoir déstabilisé le groupe de Polonais, qui mangeait des sardines, en leur souhaitant « Bon appétit », je me lançai enfin sur mes premiers kilomètres.
Il y aurait d’abord 8 km de montée abrupte, puis 15 km de montée lente se terminant par 3.8 km de descente constante et prononcée.

Je partageais d’abord la route avec 4 Espagnols qui me souhaitèrent « bon courage » après avoir tâté le poids de mon sac ! Faut dire que les 5 livres de mon lap top font la différence ! Puis les Québécoises, les Belges, les Français, les Japonaises, les Anglais croisèrent ma route.

Bien que la montée était abruspte et que la route était longue, je me sentais bien en forme et heureuse d'assister au levé du jour et de pouvoir marcher au-dessus des nuages.



Puis les colines, avec les moutons, les chavaux, les chèvres toute la ferme en liberté broutant tranquilement.

J’arrivai enfin.

Comme si c'était pour nous encourager... La première affiche que je vis en sortant du camino fùt une affiche annonçant Santiago de Compostella! je ne pu retenir mon rire... et penser à ma folie!

Il fallait faire la file à l’église pour avoir une place ou dormir… un ben grand dortoir de 120 lits ! Tout le monde ensemble ! Tous des lits à deux étages, les vieux en bas, les jeunes en haut ! Mais quand même des douches- deux douches !- des toilettes, internet, un téléphone… Je crois même qu’ils offrent le thé et du pain au matin. Pour la modeste somme de 6 euros.
J’eu aussi droit à mon premier souper de pèlerin ( !) : des pâtes en entrée, de la truite frite et des frites au plan principal, un yaourt… et ! Une bouteille de vin !
Vous me ne croirez pas, mais je ne l’ai pas terminé !
J’ai partagé l’apéro avec des femmes de la Nouvelle-Zélande et le repas avec un couple d’italien et une autre Montréalaise voyageant seule.

Le meilleur moment :
Le paysage était superbe, le levé de soleil et marcher au-dessus des nuages… ! Quelle joie !

Le moment cocasse :
Quand je suis sortie de la douche, une Québécoise dans la soixantaine était en choc culturel devant l’Asiatique qui se lavait les pieds dans le lavabo. Elle parlait fort (comme si elle allait plus comprendre le français, si elle parlait fort) en lui disant « non ! Non ! Pas les pieds ! Les bas oui, mais pas les pieds ! »
Je ne pus m’empêcher de lui dire : « Les bas ou les pieds, rendu-là, il y a pas grand différence ! Et, je suis certaine que vos bas sentent plus que vos pieds !»

Curiosité de la journée :
Une limace grosse comme je n’ai jamais vu ! Inspirant pour les films d’épouvantes !

État physique et psychologique :
Ça va ! Mon sac est vraiment trop lourd et ça va me faire des bleus sur les hanches.
C’est beau, je suis contente et j’ai mal en arrière des genoux !

Demain :
Deux choix… possibilité de faire un autre 27 km ou d’arrêter à 21 km… je pense faire le 27 km… On verra !

Dans deux minutes on ferme les lumières du dortoir pour les rouvrir à 6ham !
Bonne nuit !

lundi 21 septembre 2009

Par ici

Alors, voilà, c’est ici que ça commence.
Je suis à St-Jean-Pied-de-Port et j’entreprends les chemins de Compostelle demain.
Je partage ma chambre avec 5 Polonais, le gîte est remplit de pèlerins impatients de prendre la route.
Moi, j’ai surtout envie de vous parler de mon plaisir de reprendre la route, de ma visite éclair à Londres et de ma semaine de rêve sur les routes d’Irlande.
Je suis partie le 5 septembre de St-Leu-La-Foret, ville où j’avais posé mon sac depuis le 11 janvier. J’avais accepté de manière très inattendue un emploi dans la région parisienne. Sans m’étendre sur le sujet, car je le crois inapproprié, je dirais que le manque d’activité physique, d’adrénaline et d’exutoires quelconques, a été pour moi des plus souffrants; rien a voir avec l'emploi en soi. (Je pourrais aussi dire d’indépendance, d’automonie et de liberté).
5 septembre, la cloche a sonné, la récréation a commencé, j’ai repris la route et retrouvé le sourire et la liberté.
5 septembre direction Londres!
Voir Londres comme touriste et non pour le travail ! Youhou !
Je rejoins Hannah à la gare de l’Eurostar. Hannah, l’amie australienne rencontrée en Bolivie. Depuis la Bolivie, nous avons réussi à croiser nos routes à 3 reprises… la quatrième pourrait bien être directement en Australie !
Nous sommes parties en expédition dans la ville, trouver un bar qui change d’endroit durant l’été ; cette fois-ci, il était au dernier étage d’un stationnement extérieur ! Une vue superbe sur la ville et aussi le plaisir d’avoir trouvé le bar mystérieux. Longue et bonne soirée, comme Hannah et moi les aimons… nous passâmes un dimanche tranquille à se balader à Camden Market. Malgré ma bonne volonté de dépenser… je n’achetai rien… Mais je suis quand même revenue avec une intoxication alimentaire suite à la bouffe thaï du marché !
Dans le train du retour, verte et faible, je rencontrai un Canadien de la Nouvelle-Écosse, qui d’un premier jet, me demanda (en anglais) si j’étais avec le Bloc !?!?
J’ouvris un œil pour lui demander s’il me parlait vraiment de politique…
Il me reposa la question en me demandant si j’étais de ceux qui voulaient se séparer d’eux !?!?! Voyant que je sortais de mon semi-coma, Hannah me tapa doucement sur la cuisse en répondant que j’avais voyagé au Canada… mais que j’étais French canadian!
Restée sur ma frustration, j’avais encore la question amère, me disant que c’est pour des gens comme ça qu’on a envie d’être séparatiste !

Puis, enfin, le 7 septembre m’amena à l’avion, qui m’amena à Morgan, en Irlande. 7 jours qui semblent n’avoir duré qu’une dizaine de minutes.
De bonnes conversations, des moments de folie, des silences confortables, des sourires complices.
La température fut parfaite, une semaine de soleil. Je n’ai jamais vu la pluie en Irlande ! Mais vous savez… « when angels are on the road, the weather is always good» ;)
Partis de Dublin le 8 septembre, un peu plus tard que prévu dans la journée, car le matin était bon, nous prenions la direction de Galway. Premier plan : rejoindre la côte ouest.
À environ 30 minutes de Galway, nous nous arrêtions pour le diner… et puis… nous passions les heures suivantes au garage à attendre les réponses… Le garagiste cherchait la courroie de la fan de l’alternateur (ou quelque chose comme ça). N’ayant la pièce, c’est finalement sur le restant de batterie que nous avions que nous rejoignions Galway.

L’arrêt obligé nous donna la possibilité de prendre quelques bières et de trouver un band en direct de musique traditionnelle ! La gazelle et l’homme de 70 ans dansaient, moi j’avais le sourire accroché et la hanche dansante !
C’est vers midi que nous reprenions la route, la van ayant retrouvé la santé !
Nous terminions notre route par l’impulsion de prendre le traversier pour se rendre sur une île à quelques kilomètres de la côte.

On nous offrit la croisière vers les « Cliffs of Moher » gratuite ! Et, nous passions la nuit dans une chambre d’hôte sur une île de 200 habitants.
Au matin, après notre « Irish breakfast », nous partîmes explorer l’île. Morgan avait eu l’idée de me faire visiter le fort (il travaille sur un fort). En attendant le gardien, je mis les pieds dans l’océan Atlantique pour la première fois !
L’île est entièrement découpée par de petits murets de pierre qui séparent les terres. À travers les pierres poussent en abondance des mûres.
De retour à notre van, nous avions pour mission de trouver un endroit pour dormir sur la plage.
La plage parfaite.
J’aurai à jamais en tête l’image de la colline et de la plage lorsque j’ouvris la porte le matin.
Nous allions simplement d’endroits de rêves à plages parfaites. Les couchers de soleil nous accompagnant.
Le temps passant simplement trop rapidement, si bien que dimanche le 13, j’étais dans l’avion et je rêvai de coucher de soleil durant tout le vol.
C’était difficile de dire au revoir. Simplement, parce que je ne sais pas si on va se revoir. Et, que pour moi, dire au revoir ; c’est faire le deuil des bons moments passés.
J’arrivai tout de même à Biarritz, de retour en France. Pensant y faire un peu de surf, les vagues n’étaient pas au rendez-vous, ce qui me laissa le loisir le planifier un peu plus le restant de mon voyage. Achat d’un nouveau sleeping bag, et division des bagages.

Me voilà donc à St-Jean-Pied-de-Port.
Je partageai le voyage dans le train avec Christiane, une femme de Terrebonne. Il parait que chaque rencontre sur les chemins de Compostelle est significative et que la route amène des réponses. Christiane est une belle première rencontre. Une belle retraitée énergie et décidée.

La route amènera des réponses !! Une chance que je marche un mois ! Car des questions… Dieu sait combien je m’en pose !

Pour l’instant les Polonais sont bruyants et marchent comme des éléphants. Mais ils sont gentils. Tranquillement, le seul bruit devient le clapotis de mon clavier.
Il est temps que j’aille me coucher. 28 km m’attendent demain, 1350 mètres à monter pour environ 8 heures de marche…
C’est « par-là » que ça commence.

A venir!

Passée par Montréal et repartie 10 jours plus tard, j'explore maintenant New York...